Pour mettre fin au désordre social actuel produit par une mesurette gouvernementale qui aurait pu avoir le mérite d’exister et peut-être d’améliorer un peu la situation de l’emploi des jeunes il est temps de prendre une décision. Si les jeunes et les plus vieux, qu’ils soient concernés ou non, ne veulent pas du CPE, et bien supprimons le ! Après tout, les choses vont bien. Les privilégiés resteront privilégiés, les précaires resteront précaires et la grande majorité constituée par ceux qui sont au milieu gardera son petit train de vie. Reformer, chercher des solutions ? Pour quoi faire, puisque les choses vont si bien ? Chacun semble content de ce qu’il a et c’est peut-être aussi bien comme cela. Pas la peine de s’entêter, puisque ceux qui en auraient besoin souhaitent ne pas profiter des efforts que l’on essaye de faire pour eux. Ceux qui sont dans la difficulté y resteront et nous continuerons à fermer les yeux sur leur condition.
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Nous avons pu voir ces derniers jours des centaines de milliers de jeunes manifestants dans la rue. On parle déjà d’une possible grève générale pour bientôt. Il me semble qu’il n’y a aucun autre pays au monde dans lequel cette ardeur contestataire est si virulente. On ne s’écoute pas, on s’affronte. Le droit de manifester son désaccord est bien sûr fondamental mais en user sans recul, sans réflexion et analyse réelle préalable fini par ne donner plus aucun sens à forme d’expression. Entre un gouvernent autiste et une contestation sans fondement et sans propositions alternatives on ne va pas aller bien loin.
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Simplifions le débat autour des événements sur le CPE.

Le gouvernement dit : « On va faire en sorte de favoriser l’emploi des jeunes »
Les étudiants, lycéens et syndicats répondent : « Oui mais pas comme ça »
L’opposition y ajoute : « Ce gouvernement n’a rien compris »
On se retourne alors vers tous ces opposants avec une question légitime : « On fait comment alors ? »
Réponse unanime : « Et bien, on ne sait pas nous, il faut y réfléchir. Donnons-nous du temps »

Cela fait 30 ans que l’on subi le même dialogue, quelque soit la couleur du gouvernement, celle de l’opposition et la génération des jeunes révoltés. 30 ans au final que l’on ne fait pas grand-chose. Et puis en fin de compte, rien n’avance mais rien ne recule non plus. Les jeunes deviennent plus vieux, les politiques passent à autre choses et la France continue de tourner, pas mieux qu’avant mais pas vraiment pire. On fini par se satisfaire de ce que l’on a. Et puis tant pis si 25% de nos jeunes restent dans la précarité, après tout 75% y trouvent leur compte. Les étudiants étudient, ils trouveront donc un job, peut être mal payé mais un job quand même. Les lycéens sont en grande majorité des futurs étudiants, ils rejoindront donc leurs aînés. Et pour ceux qui ne feront pas d’études, qui vivront de CDD ou d’allocation diverses et bien tant pis. Les jeunes révoltés ont choisis pour eux, ils n’avaient qu’à se faire entendre plus fort.
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De mon avis Dominique de Villepin a fait une très bonne intervention ce soir sur TF1. Clair, précis et informatif. Sur ce point, il a donné quelques précisions sur le contrat première embauche qui se contredisent avec ce que l’on entend chez ses détracteurs, ou pire, par ceux, jeunes et souvent mal informés qui bloquent les facs et les lycées. Mais qu’en est-il ?

Voici donc ce que l’on peut trouver dans le texte définitif :

L'effectif de l'entreprise doit être supérieur à vingt salariés dans les conditions définies par l'article L. 620-10 du même code.

J’étais personnellement passé à coté de ce point. Aujourd’hui l’emploi est principalement créé dans les petites entreprises. Hors, c’est souvent dans celles-ci que faute d’une gestion collective et d’une inexistence de représentants du personnel et/ou syndicaux, les employeurs voyous (oui, il en existe quelques-uns) ont tout pouvoir. En excluant ces entreprises du cadre de la loi, cela permet de garantir que les emplois créés avec le CPE seront soumis au contrôle de représentant du personnel.

Lorsque l'employeur est à l'initiative de la rupture et sauf faute grave ou force majeure, la présentation de la lettre recommandée fait courir, dès lors que le salarié est présent depuis au moins un mois dans l'entreprise, un préavis. La durée de celui-ci est fixée à deux semaines, dans le cas d'un contrat conclu depuis moins de six mois à la date de la présentation de la lettre recommandée, et à un mois dans le cas d'un contrat conclu depuis au moins six mois ;

Donc pas de licenciement du jour au lendemain. Le préavis de 1 mois était la règle chez les salariés non cadre il y a encore quelques années, il est de deux mois maintenant.

Sans préjudice des dispositions de l'article L. 211-1 du code du travail, les stages effectués en milieu professionnel qui ne relèvent pas de la formation professionnelle continue doivent obligatoirement faire l'objet d'une convention de stage. Les modalités de conclusion de cette convention ainsi que son contenu sont déterminés par décret. Les stages en entreprise d'une durée supérieure à trois mois consécutifs font l'objet d'une indemnisation. Celle-ci peut être fixée par convention de branche, accord professionnel étendu ou, à défaut, par décret. Cette indemnisation n'a pas le caractère d'un salaire au sens de l'article L. 140-2 du code du travail.

Cela ne concerne pas le CPE mais je trouve cette mesure importante. Les stages hors convention supprimés, et si la chasse aux écoles donnant une convention de complaisance est correctement faite, les employeurs n’auront pas d’autre choix que de créer réellement les emplois correspondants. C’est d’ailleurs souvent les entreprises bien rentables qui s’adonnent à ces pratiques très douteuses.
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Voici un message adressé aux étudiants syndicalistes qui bloquent les cours dans un grand nombre d’universités pour se révolter contre le Contrat Première Embauche. Ne soyez pas si abrutis dans votre démarche. Vous n’êtes pas content, c’est très compréhensible. Mais ne pénalisez pas vos petits camarades qui eux veulent continuer à s’instruire. Le droit de décider pour les autres ne vous est pas donné. Ou vous croyez-vous ? Quel droit avez-vous ? Si vous pensez que les autres, les studieux, n’ont rien compris et qu’il vous faut lutter pour eux à l’encontre de leurs désirs en les empêchant d’user de leur droit de ne rien entendre, et bien vous êtes vraiment des imbéciles. Que le CPE soit un bien ou un mal, rien ne vous donne le pouvoir de tout décider et de mettre le souk à ce point. Chacun est libre de penser et de faire de qu’il veut mais dans le respect des autres. Les médias ont tendance à comparer le mouvement d’aujourd’hui avec celui du CIP de 1995. J’ai moi-même participé aux grèves et aux manifestations il y a 10 ans. Mais même la lutte contre une mesure qui aurait permis de payer les diplômés BAC+2 au SMIC, ce qui me semble bien plus précarisant que le CPE d’aujourd’hui, n’a pas été à son époque aussi loin dans les blocages des universités. Alors en étant très caricatural, je conseille à tous les gauchistes syndicalistes étudiants en sociologie, histoire ou droit de laisser les autres étudiants, ceux qu’ils veulent bosser tranquilles et qui ont une confiance certaine en leur avenir, suivre leurs cours dans des conditions acceptables. Parce que n’en doutons pas c’est eux qui feront la France de demain.
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