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Aujourd’hui des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues des grandes villes françaises suite à la mort d’Ilan. Le mot d’ordre de ces rassemblements était « La France contre le racisme et l’antisémitisme ». Cette cause est bien sûr très noble et doit avoir le soutient de tous car il n’est plus tolérable de voir dans notre pays et dans le reste du monde la confrontation des peuples autour des origines sociales, culturelles, religieuses et ethniques. Mais pour le coup, je doute du moment choisi. Il ne me semble pas que le mort d’Ilan a été confirmé comme étant purement raciste et antisémite. Au contraire, les faits penchent plutôt pour une « simple » affaire crapuleuse ayant eu une issue barbare et touché un innocent qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment comme cela aurait pu arriver à chacun d’entre-nous. Je souhaite que nous ne fassions pas des rapprochements trop rapides entre des choses qui n’en ont peut-être pas. De la douleur de la famille et des amis d’Ilan nous ne devons pas faire une cause démesurée faisant penser que la France est un pays dans lequel il ne fait pas bon d’appartenir à telle ou telle communauté, qu’elle soit religieuse ou autre et de ne pas faire de la mort d’un innocent français un crime raciste et pour le cas présent antisémite. A mon sens la réaction publique d’aujourd’hui, surtout en étant appuyée par les représentants des partis politiques, va plus dans le sens du communautarisme que de son combat. Qu’en aurait-il été si ce meurtre aurait touché une famille musulmane, protestante ou catholique. En aurait-on parlé autant ? Cela aurait-il faut la une des journaux ? Cela aurait-il mobilisé des milliers de personnes dans nos rues ? J’en doute. Le même crime, pour les même raisons – ici l’argent – aurait-il donc une portée plus importante selon la victime ? Faire cette différence c’est déjà favoriser l’incapacité des communautés à ne pas arriver à s’écouter et se comprendre. Je ne parle pas ici des responsables et icones de chacune d’entre-elles, représentants religieux en tête, mais des centaines de milliers d’individus qui les composent et qui vivent dans l’entretien de la différence en prenant modèle sur des comportements produits à des milliers de kilomètre d’eux, quelque part entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Il n’y avait rien de laïc dans les rassemblements d’aujourd’hui et c’est bien cela qui ne gène le plus.





